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Vente de véhicule : respectez les délais du contrôle technique pour éviter le blocage de la carte grise

Éléonore Mezin-Lavergne 5 min de lecture

Vendre un véhicule d’occasion implique de respecter des règles administratives précises, dont le contrôle technique est le pilier central. Pour l’acheteur, ce document garantit la transparence sur l’état du véhicule. Pour le vendeur, il constitue une protection juridique indispensable. Une confusion subsiste souvent entre la validité classique de deux ans et les exigences spécifiques à une transaction. Si le procès-verbal ne respecte pas les délais imposés par l’ANTS, le nouveau propriétaire ne pourra pas immatriculer le véhicule à son nom.

Les délais de validité impératifs pour une transaction

Pour vendre un véhicule de plus de quatre ans, le procès-verbal du contrôle technique doit dater de moins de 6 mois au moment où l’acquéreur dépose son dossier d’immatriculation. Ce délai se calcule de date à date. Si la vente a lieu le 15 octobre, le contrôle doit avoir été réalisé après le 15 avril de la même année.

Le cas particulier de la contre-visite

Si le véhicule a fait l’objet d’une contre-visite suite à des défaillances majeures, la règle change. Le contrôle technique n’est alors valable que pendant 2 mois pour la vente. La transaction et la demande de carte grise doivent impérativement intervenir avant l’expiration de ce délai. Passé cette échéance, le document devient caduc pour une mutation de propriété et un nouveau passage complet au centre de contrôle est obligatoire.

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Vente avec défaillances critiques

En présence de défaillances critiques, la validité du contrôle est limitée à 24 heures, soit jusqu’à la fin de la journée du contrôle. Il est interdit de vendre le véhicule à un particulier pour qu’il circule sur la voie publique dans cet état. La vente reste possible uniquement si les réparations sont effectuées immédiatement ou si l’acquéreur est un professionnel de l’automobile.

Quels véhicules sont soumis à l’obligation de contrôle pour la vente ?

Cette obligation concerne les véhicules légers et les camionnettes dont le poids total autorisé en charge (PTAC) est inférieur ou égal à 3,5 tonnes, incluant les camping-cars. Les véhicules de moins de 4 ans sont exemptés de cette formalité, l’âge étant calculé à partir de la date de première mise en circulation sur le certificat d’immatriculation.

La réglementation pour les deux-roues et catégories L

Depuis le 15 avril 2024, les propriétaires de motos, scooters, tricycles et voitures sans permis doivent également se conformer à cette règle. Les véhicules de catégorie L âgés de plus de 5 ans sont soumis au contrôle technique pour toute vente. Les délais de validité restent identiques à ceux des voitures : 6 mois pour un résultat favorable et 2 mois en cas de contre-visite.

Les situations d’exemption

Le Code de la route prévoit des cas précis où la présentation d’un contrôle technique n’est pas requise pour valider la vente.

La vente à un professionnel de l’automobile, comme un garage ou un concessionnaire, dispense le vendeur de fournir un contrôle technique, quel que soit l’âge du véhicule. Le professionnel assume alors la responsabilité de l’état du véhicule. Les voitures de collection mises en circulation avant 1960 sont également exemptées, tout comme les remorques et caravanes qui ne sont pas soumises au contrôle technique périodique.

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Dans le cadre d’une succession, si le véhicule est conservé par un héritier sans vente effective, le contrôle technique en cours de validité (2 ans) suffit pour mettre à jour la carte grise. En revanche, si le véhicule est revendu à un tiers, un contrôle de moins de 6 mois est exigé.

La responsabilité juridique du vendeur

Le procès-verbal de contrôle technique est la base du contrat de vente. En le fournissant, le vendeur respecte son obligation d’information et se protège contre des recours pour vices cachés. Ce document offre une photographie des organes de sécurité comme le freinage, la direction et l’éclairage. Sans ce document, la transaction est fragile et l’acheteur peut demander l’annulation de la vente devant un tribunal.

Une mention « vendu en l’état » écrite par l’acheteur n’a aucune valeur légale face à l’administration. L’ANTS bloquera systématiquement le transfert de propriété si le contrôle technique obligatoire est absent ou périmé. Le vendeur est le seul responsable de la fourniture de ce document.

Checklist des documents à remettre à l’acheteur

Pour régulariser la vente, le vendeur doit constituer un dossier complet. Le procès-verbal de contrôle technique doit dater de moins de 6 mois, ou de moins de 2 mois en cas de contre-visite. Le certificat d’immatriculation doit être barré, signé et porter la mention « Vendu le » suivie de la date et de l’heure de la transaction.

Le certificat de cession (formulaire Cerfa 15776) doit être rempli en deux exemplaires, un pour chaque partie. Enfin, le certificat de situation administrative, ou certificat de non-gage, doit dater de moins de 15 jours pour prouver l’absence d’opposition à la vente.

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Après la signature, le vendeur doit déclarer la cession sur le site de l’ANTS dans les 15 jours. Le code de cession obtenu doit être transmis à l’acheteur pour faciliter ses démarches. Cette étape dégage le vendeur de toute responsabilité en cas d’infractions futures commises avec le véhicule.

Conseils pour optimiser la vente

Un contrôle technique vierge est un argument de vente majeur. Avant de se rendre au centre, il est conseillé de vérifier l’état des pneumatiques, le fonctionnement de toutes les ampoules et les niveaux de liquides. Si le contrôle révèle des défaillances majeures, deux options s’offrent au vendeur : effectuer les réparations et passer la contre-visite pour présenter un document favorable, ou vendre le véhicule en l’état en ajustant le prix de vente en conséquence, tout en veillant au respect du délai de 2 mois pour l’acheteur.

Éléonore Mezin-Lavergne
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