Ultima supercar : de la GTR de 990 kg à l’offre assemblée Peregryn
Publié par : Camille Leroy — Rédacteur en chef
Une Ultima est une supercar pensée pour la piste, mais également présentée comme homologuée pour la route. Derrière ce nom, il faut distinguer les modèles historiques, dont l’Ultima GTR, et l’offre annoncée par Peregryn, qui met en avant une production assemblée aux États-Unis. Cette distinction est essentielle : les caractéristiques d’une GTR ne décrivent pas automatiquement la voiture proposée aujourd’hui, et la mention « routière » ne garantit pas une immatriculation dans tous les pays.
Ultima : une supercar dont la mécanique prime sur le prestige
L’intérêt d’Ultima tient à une approche centrée sur la conduite et la performance. La GTR en donne une illustration concrète : un poids annoncé de 990 kg avec un V8 Chevrolet, des trains roulants à double triangulation et une monte pneumatique généreuse. L’attrait ne repose donc pas seulement sur une silhouette spectaculaire, mais sur une base technique qui mérite d’être examinée.

Les termes supercar et hypercar apparaissent dans le positionnement de la marque. Ils expriment une ambition commerciale et sportive, pas une catégorie réglementaire. Pour apprécier une Ultima, mieux vaut regarder sa configuration exacte, son poids, son moteur, ses freins et ses conditions d’utilisation plutôt que chercher à trancher entre ces deux étiquettes.
La GTR reste un repère, pas une fiche universelle
L’Ultima GTR constitue un point d’entrée utile parce que ses caractéristiques de châssis et de trains roulants sont détaillées. En revanche, une annonce d’occasion ou une nouvelle proposition commerciale doit se lire individuellement. Une motorisation différente, un assemblage particulier ou des modifications peuvent changer sensiblement le comportement et les contraintes d’entretien. Le nom Ultima ne suffit pas à définir une configuration.
Peregryn fait évoluer l’offre au-delà de la voiture en kit
Peregryn annonce avoir acquis les droits, la propriété intellectuelle et l’outillage liés à Ultima. Cette reprise est présentée comme une continuité industrielle : il ne s’agit pas uniquement de reprendre une appellation, mais de s’appuyer sur un héritage de conception et des moyens de production. La fabrication est annoncée aux États-Unis.
Le changement le plus important pour l’acheteur concerne la forme de livraison. L’offre mise en avant ne se limite plus à un ensemble à assembler : elle évoque des voitures entièrement assemblées, selon des formules turn-key ou turn-key minus. Cela modifie la nature du projet, sans dispenser de vérifier précisément ce que comprend le contrat.
« Turn-key » et « turn-key minus » ne désignent pas la même prestation
Dans son sens habituel, turn-key désigne une voiture livrée prête à fonctionner. Une formule turn-key minus laisse certains éléments à compléter, souvent autour du groupe motopropulseur. Le périmètre exact doit néanmoins être confirmé par écrit auprès du vendeur : moteur, transmission, installation, essais et documents peuvent relever de prestations distinctes.
Pour comparer cette offre à une ancienne Ultima assemblée à partir d’un kit, examinez surtout la traçabilité du travail. Qui a réalisé l’assemblage ? Quels contrôles ont été effectués ? Qui assume la garantie et le service après-vente ? Une voiture assemblée simplifie potentiellement l’achat, mais sa valeur dépend aussi des engagements qui accompagnent sa livraison.
Les chiffres de l’Ultima GTR éclairent son caractère
Les spécifications suivantes concernent la GTR décrite avec un V8 Chevrolet. Elles permettent de comprendre ses choix mécaniques, sans les attribuer par défaut à l’ensemble des Ultima ni à l’offre Peregryn.
| Élément | Caractéristique de la GTR |
|---|---|
| Poids annoncé avec V8 Chevrolet | 990 kg |
| Suspension | Double triangulation et ressorts hélicoïdaux ajustables |
| Direction | À crémaillère, 2,4 tours de butée à butée |
| Roues | 18 pouces |
| Pneumatiques | Goodyear Eagle F1 |
| Dimensions avant | 235/45 ZR18 |
| Dimensions arrière | 335/30 ZR18 |
| Freinage | Disques ventilés de 318 mm, étriers à quatre pistons |
La double triangulation permet de travailler le guidage des roues au cours des mouvements de suspension. Les ressorts ajustables donnent une latitude de réglage, mais celle-ci exige de la méthode : un réglage plus ferme n’est pas automatiquement plus efficace, notamment sur une route bosselée.
La direction à 2,4 tours de butée à butée et les pneus arrière de 335 mm participent à une configuration sportive. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de déduire la précision ressentie ou l’adhérence réelle. La géométrie, l’état des pneus et leurs pressions restent déterminants.
Le poids contenu mérite autant d’attention que la puissance. Il influence les efforts à fournir lors des accélérations, des changements de direction et des freinages. En revanche, sans motorisation précisément identifiée et sans mesures correspondantes, avancer un temps d’accélération ou une vitesse maximale serait trompeur.
Homologuée pour la route ne signifie pas utilisable partout sans formalités
Ultima associe deux promesses : une conception orientée circuit et une aptitude à circuler sur route. Elles ne sont pas incompatibles, mais elles répondent à des exigences différentes. La piste sollicite notamment le refroidissement, le freinage et les trains roulants ; la circulation routière impose un cadre administratif et technique propre au territoire concerné.
Une présentation « road-legal » ne prouve pas à elle seule qu’un exemplaire pourra être immatriculé en France. Avant tout achat ou importation, il faut examiner les documents du véhicule, son historique d’immatriculation et la procédure de réception applicable. Un assemblage réalisé aux États-Unis ne constitue pas, en soi, une homologation européenne.
Vérifier aussi le confort réel, pas seulement les papiers
Une voiture peut être autorisée sur route sans convenir aux déplacements envisagés. Lors d’un essai, vérifiez l’accès à bord, la visibilité, les manœuvres et le franchissement des irrégularités. Pour un usage circuit, demandez également quelles vérifications et quels consommables sont nécessaires avant chaque sortie.
Un détail mérite un essai prolongé : la mousse d’assise. Son épaisseur ne dit pas tout ; sa résilience, c’est-à-dire sa capacité à reprendre sa forme après compression, compte aussi. Une assise agréable à l’arrêt peut laisser apparaître un point de pression après plusieurs dizaines de minutes. Tester la voiture dans sa véritable position de conduite permet de repérer une gêne que la fiche technique ne révèle jamais.
Prix et disponibilité : comparer un projet livré, pas une promesse
Peregryn affiche l’ambition de bousculer le marché des hypercars. Cela reste un positionnement, pas un tarif. Sans prix public confirmé pour une configuration déterminée, il serait hasardeux de donner un ordre de grandeur ou d’affirmer qu’une Ultima coûte moins cher qu’une concurrente précise.
Le bon outil de comparaison est un devis détaillé. Une GTR d’occasion, une formule turn-key minus et une voiture complète n’impliquent ni les mêmes dépenses ni les mêmes responsabilités. Le budget doit inclure ce qui manque éventuellement à la livraison, mais aussi le transport, les taxes applicables, la réception et l’entretien.
- Configuration : modèle exact, moteur, transmission et équipements inclus.
- Livraison : voiture complète ou travaux restants, calendrier contractuel et modalités de paiement.
- Situation routière : documents remis et faisabilité de l’immatriculation dans le pays d’usage.
- Suivi : garantie, pièces disponibles et interlocuteur pour la maintenance.
Pour un passionné, l’Ultima mérite donc une lecture à deux niveaux : la GTR apporte des repères techniques concrets, tandis que Peregryn annonce une évolution vers une offre assemblée. L’achat devient pertinent lorsque ces promesses se traduisent par une configuration documentée, un prix complet et une possibilité d’usage vérifiée.
- Ultima supercar : de la GTR de 990 kg à l’offre assemblée Peregryn - 6 novembre 2026
- SSC supercar : 1 750 ch pour la Tuatara, mais quels records retenir ? - 5 novembre 2026
- Jaguar XJ220 : un V6 à 341,6 km/h, mais une promesse de V12 - 4 novembre 2026



